Published août 15th, 2006 by N.Pausé

Thales propose le facility management

Hélène Foyer nous fait part dans Le Monde daté du 15 août 2006, d’un exemple récent de sous-traitance dans un domaine qui n’est pas coutumier du fait : la culture.

En effet, la direction du musée du quai Branly a « choisi d’externaliser la quasi-totalité des prestations nécessaires à l’exploitation du lieu ».

C’est l’industriel français Thales qui a été choisi pour, entre autres, s’occuper de l’accueil, de l’entretien, du courrier ou encore de la sécurité, ce dernier poste représentant « de 20 % à 30 % du montant total ».

Thales collabore avec sa filiale Faceo, qui « sous-traitent eux-mêmes certaines prestations ». Des sous-traitants qui sous-traitent ? Le musée du quai Branly ne risque-t-il pas de se perdre dans les méandres des sous-traitances en cascade ?

À première vue oui, mais « l’objectif du contrat est de faciliter l’exploitation du musée » nous dit Hélène Foyer juste avant d’évoquer le concept de « facility management ». Continue reading ‘Thales propose le facility management’

Published août 7th, 2006 by N.Pausé

Jean-Baptiste Say et la “loi des débouchés”

Jean-Baptiste Say nous dit ceci :

« Il est bon de remarquer qu’un produit terminé offre, dès cet instant, un débouché à d’autres produits pour tout le montant de sa valeur. »

Si la monnaie n’apparaît pas dans cette phrase, c’est parce qu’il la considère comme « la voiture » des produits, elle permet d’échanger des produits contre des produits.
Si pour lui, l’offre crée sa propre demande de manière instantanée c’est parce qu’il n’envisage pas le besoin d’épargne ; les gens auraient de toute façon envie de dépenser leur argent.
Concrètement, selon Say, chaque vente permet un achat avec l’argent ainsi gagné et alimente donc les comptes d’autres vendeurs qui vont eux même acheter.

Néanmoins, dans ce chapitre, Say évoque des situations dans lesquelles sa « loi des débouchés » peut connaître quelques couacs.
Le problème survient lorsqu’un groupe de personnes, un secteur d’activité, « une nation », ne produit pas ou pas assez. “La paresse” est une des causes évoquées par Say, mais il consent que des difficultés peuvent survenir dans des secteurs d’activité, ce qui prive l’économie d’un certains nombre de producteurs-vendeurs-acheteurs.

Aujourd’hui, il est communément admis que la demande ne va pas soi.
Néanmoins, l’idée que les produits s’échangent contre des produits est toujours d’actualité, sinon, pourquoi dirait-on qu’un pays vit au-dessus de ses moyens lorsqu’il importe plus qu’il n’exporte ?


Sur le site d’une université du Québec
, on peut consulter ou télécharger de nombreux livres d’auteurs classiques comme Say, Keynes, Ricardo, Smith, Marx, etc.

Published avril 30th, 2006 by N.Pausé

La théorie de la filière inversée

Les entreprises décident des biens qu’elles veulent produire, ensuite, elles s’arrangent pour créer les besoins correspondants chez les consommateurs. En 1967, cela a fait un peu désordre, mais aujourd’hui beaucoup de lycéens et d’étudiants connaissent ce point de vue anti-néoclassique mis en évidence par l’économiste américain John Kenneth Galbraith dans Le nouvel état industriel.
La publicité tient un rôle prépondérant dans cette théorie de la filière inversée qui bas en brèche la vision du client roi qui auraient des besoins que les entreprises s’attacheraient à satisfaire.
Alors, peut-on avoir un point de vue objectif général sur cette théorie ? On peut dire que sur les poduits en eux-même c’est certainement vrai et la course à l’innovation pourrait en être la cause. Parfois cela est salutaire. Avant leur invention, quel consommateur exprimait le besoin d’avoir internet ou un un téléphone portable ? (considéré comme un gadget au départ il ne faut pas l’oublier). Par contre, si on regarde les besoins fondamentaux comme la liberté, le besoin de lien social, le besoin de rêve et d’espoir, etc. c’est bien le consommateur qui inspire les inventeurs.

John Kenneth Galbraith est décédé ce samedi 29 avril 2006. Le Monde.fr lui consacre un petit article et propose en ligne un entretien avec l’économiste paru dans l’édition du 29 mars 1994.

Published avril 23rd, 2006 by N.Pausé

Externalités

La France est très retard au niveau des énergies renouvelables“, on a tous entendu ou lu cette phrase. En effet, l’éolien, le solaire et la biomasse cumulés ne représentent qu’environ 1 % de la production d’électricité nationale. De plus, une directive européenne fixe comme objectif, 21 % d’énergies renouvelables en 2010.

Les premières lignes ci-dessus dressent une situation alarmante, c’est pourquoi, en économie comme ailleurs il faut faire très attention à ce qu’on lit car on peut faire dire beaucoup de choses à des chiffres. Certes, la situation n’est guère glorieuse pour la France et on a raison de s’inquiéter mais j’ai sciemment omis de vous parler de ce qui représente la part principale des énergies renouvelables en France : l’hydroélectricité. En effet, dixit Jean-Michel Bézat dans Le Monde daté du 21 avril 2006, la France est le premier producteur d’énergies renouvelables de l’Union Européenne grâce à l’hydroélectricité.

Alors tout va bien ! Encore une fois il faut faire attention, et cela pour 2 raisons principales:

- l’hydroélectricité ne peut plus se développer sans sites appropriés;

- les changements climatiques entraînent de plus en plus de pénuries d’eau, ce qui revient à se demander si cette forme d’énergie est vraiment renouvelable.

Enfin, on peut ajouter que d’aucuns pensent que certaines énergies renouvelables, à défaut d’émettre du gaz carbonique, produisent d’autres formes d’externalités négatives (pollution visuelle et même sonore, dit-on, pour les éoliennes).

Externalité : Conséquences négatives ou positives d’une activité économique sur des activités humaines, l’environnement ou d’autres activités économiques, les effets externes négatifs étant normalement non voulus.

Exemples:

- L’implantation d’Airbus a dynamisé la ville de Blagnac et contribue à l’image de la ville de Toulouse. (externalité positive ou effet externe positif)

- L’utilisation de 2 pesticides : le régent et le gaucho ont touché les apiculteurs en raison de leur effet négatif sur les abeilles (externalité négative ou effet externe négatif)

Published avril 8th, 2006 by N.Pausé

La Norvège, petit pays, grandes performances.

2,9 %, ce n’est pas le pourcentage du déficit public par rapport au PIB, non, il s’agit “simplement” du taux de chômage de ce petit pays d’environ 4,6 millions d’habitants pour mars 2006 (- 0,1 points par rapport à février 2006).

Quand on lit la colonne “Tableau de bord” du Monde, on ne s’attend pas forcément à trouver un chiffre aussi étonnant, et pourtant c’était le cas dans l’édition du samedi 08 avril.

Et ce n’est pas tout, si on regarde de plus près cette page 17 on s’aperçoit que sur cette page, tout est dit, ou presque. En effet, juste en dessous on peut voir le tableau des valeurs du CAC 40 du vendredi 07 avril à 9h30 et juste à côté, on peut prendre connaissance du cours du baril de pétrole (Light sweet crude) du 07 avril à 10h04. Oui, tout est là, la Norvège gagne beaucoup d’argent avec son pétrole et elle ne le gaspille pas, cet argent est géré par un fonds public qui place cet argent dans le monde entier, pour, selon les dirigeants du pays, financer les retraites le moment venu. C’est là que je me souviens d’un article du Monde dans lequel on pouvait lire que ce fonds était le 1er investisseur du … CAC 40.

Il faudrait analyser les chiffres de plus près, mais à 2,9 %, on peut dire qu’on est en plein emploi et que les 70 000 chômeurs de ce pays sont, en fait, en train de changer d’emploi, c’est ce que l’on appelle en économie le chômage frictionnel.

À noter que la Norvège n’est pas dans l’Union Européenne (UE) et qu’elle est n°1 en ce qui concerne l’indice de développement humain (IDH).

(Taux de chômage : 2.5 % en mai 2006)

Published avril 5th, 2006 by N.Pausé

Carré magique

nous ne sommes pas chez les toutouyoutous ici” arguait Thierry Breton hier mardi 04 avril à l’assemblée nationale. Le ministre de l’économie des finances etc. tenait dans sa main droite un superbe heptagone magique, qui semble t-il, est le document star du moment (distribué en conseil des ministres, publié dans Le Monde du 01 avril, etc.).

Ce type de représentation d’indicateurs économiques nationaux est, il est vrai, très parlant et ce n’est pas Nicholas Kaldor qui m’aurait dit le contraire. En effet, c’est cet économiste britannique qui a inventé cette représentation d’indicateurs clés de politique économique qu’on appelle “carré magique de Kaldor“.

Dans le carré magique de Kaldor, il y a 4 indicateurs :

- le taux de croissance économique en %

- le taux de chômage en %

- le taux d’inflation en %

- le solde extérieur en % du PIB

La représentation de Thierry Breton comprend, en plus, les finances publiques, la consommation et l’investissement.

Published avril 3rd, 2006 by N.Pausé

Synergie

Effet résultant d’une concentration ou d’une intégration de moyens dont la valeur globale est supérieure à la somme des valeurs de ses composantes : “2 + 2 = 5″ Lexique d’économie, 7ème édition, 2002, Dalloz

Serge Tchuruk (à propos de la fusion Alcatel/Lucent) dans Le Monde daté du 04 avril 2006 parle de synergie de coût pour évoquer ce qui ressemble plus à des économies d’échelle ou à la suppression de doublons. Par rapport à la définition de base, cette dernière est plus quantifiable et rassure les marchés.

Il faut également faire attention à l’unité de mesure quand on parle de synergie, s’agit-il d’effectifs? de chiffre d’affaires? de rentabilité? de création de valeur pour les actionnaires? Selon le cas, “2 + 2 = 5″ peut provoquer des réactions très variées.

Enfin, toujours dans le monde du 04 avril 2006, Marc-Olivier Sebbag, délégué général du syndicat des producteurs indépendant nous dit ceci à propos de la fusion Canal+/TPS : ” Dans toute fusion, 1 + 1, ça ne fait pas 2 mais souvent 1 et demi “.